Le désengagement de l’état : la privatisation

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privatisationLa privatisation est un phénomène qui a touché la plupart des pays à économie libérale ou à économie dirigée, aussi bien développés qu’en voie de développement. Les approches et les méthodes de privatisation sont aussi diversifiées que les pays : privatisation totale ou partielle, vente aux enchères ou sur le marché, cession de créance, cession de titres aux travailleurs ou au public. Concernant plus particulièrement les pays en développement, la privatisation a été introduite comme solution à l’inefficacité économique du secteur public et au gaspillage des finances de l’État.

1- Le programme de la privatisation

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Le premier programme de privatisation a été engagé en avril 1996 avec l’appui de la Banque Mondiale et portait sur 1 300 entreprises publiques locales (EPL). Ce programme n’a pris son rythme de croisière qu’avec la création des cinq sociétés de portefeuille régionales. En avril 1998, 827 EPL ont été liquidées. Ces liquidations ont pour la plupart abouties à des licenciements massifs, cependant, 464 EPL ont été vendues à leurs employés, ce qui a sauvegardé 12 141 emplois. Le programme de privatisation des EPL est arrivé presque à la fin de 1998. Le programme de privatisation des entreprises publiques économiques (EPE),
autrement plus important, n’a démarré que beaucoup plus tard. Sa réalisation aura indéniablement un impact direct sur l’activité des banques commerciales quels que soient leur chiffre d’affaires ou leur rentabilité. Dans la réalité, l’exécution du programme a connu d’importants retards, les procédures de cession n’ont été entamées qu’au début 1999 pour seulement une cinquante d’unités et déjà de réelles difficultés commencent à apparaître au niveau des différentes étapes du processus.

2- La privatisation des banques publiques

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Il est entendu que la démarche et les méthodes de la privatisation des banques d’état sont différentes en fonction des conditions politiques et économiques, mais, il existe des points d’accord sur la nécessité de mesures préalables à prendre pour mener à une privatisation presque parfaite :
– La privatisation doit être accompagnée d’une restructuration des créances, d’une recapitalisation suffisante et d’une refonte des méthodes de gestion.
– Les réformes économiques et institutionnelles pour la transition à l’économie de marché sont indispensables à la restructuration (privatisation bancaire).
– La privatisation des banques publiques sont différemment basées sur trois principaux arguments :
Le premier : pour pouvoir être privatisée, la banque doit au préalable être assainie et sa structure financière consolidée. La restructuration des portefeuilles des banques a bien été engagée dans le cadre du dispositif : État, entreprise, banque. Elle est toujours en cours de réalisation mais enregistre d’importants retards pour sa finalisation.
Le second argument : est que la banque constitue un élément fondamental notamment pour permettre de faire émerger les entreprises saines et de refuser le crédit aux entreprises non viables, entraînant de ce fait leur liquidation.
La troisième raison : est plus générale et d’une toute autre nature, elle considère que le dynamisme des entités du secteur public est beaucoup plus fonction du système de gestion et de l’environnement économique que la propriété du capital.

3- Les méthodes de la privatisation

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Une structure spécialisée est recommandée pour mener à bien l’opération de privatisation des banques. Un scénario préconise que les banques soient privatisées par étape après cotation à la Bourse. Ce schéma occulte l’absence de culture boursière chez les éventuels investisseurs nationaux ainsi que la désaffection d’investisseurs étrangers. Une autre alternative préconise que seule une concurrence effective mettant à contribution de solides
banques étrangères pourrait en effet soumettre les banques publiques, aujourd’hui encore confrontées par leur position de monopole, aux contraintes d’efficacité. Malgré un cadre réglementaire très favorable aux investisseurs étrangers, il est peu probable que dans le
contexte actuel de fonctionnement des institutions, les banques étrangères soient intéressées par une implantation active dans le pays. Jusqu’à ce jour, ces banques n’ont installé que des succursales ou unités de dimension très modeste.
4_finances_gestionEn fait, le choix de la méthode de privatisation est surtout orienté par le niveau général d’organisation de l’économie, plus que les gains financiers. Dans un contexte où il n’existe ni
entreprises cotées, ni comptes audités, ni expérience de privatisation, ni peut-être même de
véritable vision stratégique ou politique des programmes à mettre en œuvre, les privatisations nécessitent une phase de conseil très en amont de la mise en vente de l’entreprise.
Dans le cas des banques française, la meilleure méthode consisterait dans l’approche
de quelques investisseurs connus et intéressés, démarche qui devrait pouvoir allier discrétion,
transparence et professionnalisme. En fin de compte, la privatisation des banques publiques
semble être perçue par la plupart des professionnels comme le meilleur moyen de
transformation des méthodes de gestion des banques et les pousser à une intermédiation
financière performante et efficace.

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